Critique du sujet
Daniel DESROCHES
Collège Lionel-Groulx

Recherche doctorale
 
  
Question du sujet
  
Question
  
Quelle est l’actualité du concept de sujet au sortir du tournant linguistique qui résume les avancées principales des quatre dernières décennies en philosophie (1960-2000)? Quel type d’interrogation doit peser aujourd'hui sur le concept central de la philosophie moderne, le sujet? En somme, à quelles conditions théoriques la conscience de soi peut-elle ressortir du labyrinthe que lui oppose désormais la théorie contemporaine du langage?
 
Thèse
 
Soutenue en 2008, cette thèse analyse les ambivalences du concept moderne de sujet que découvraient divers textes marquants de la philosophie française contemporaine (Ricoeur, Lévinas, Derrida, Lyotard et Foucault). Le propos de cette thèse est d'établir que le concept théorique de sujet n’est plus opératoire, à savoir qu'aucun retour au sujet comme ego cogito n’est désormais possible. S'il existe un sujet, il se tient ailleurs que dans la théorie.
 
Arguments
 
1) L'ambivalence du concept de sujet provient de la conceptualisation initiale de la substance métaphysique, à la fois comme substrat ontologique premier et supposition logique ultime.

2) Le décentrement du principe ego cogito par la critique française tablait sur la prétention de la conscience à être à l'origine du sens autant que le support réel de la signification, ce qui lui est refusé autant par la critique de la phénoménologie que par la conception postructuraliste de la signification.

3) Les «heuristiques» qui surdéterminent les figures modernes du sujet sont le recours à la métaphore optique (via la théorie classique de la représentation) et l'usage d’une perspective interne pour décrire la subjectivité. Ces paradigmes relèvent de la «métaphysique» mise en cause.
  
Résultats
  
Une aporétique du sujet, qui nous contraint à abandonner le concept, se présentait comme suit: le sujet serait à la fois un universel et un existant singulier; il serait à la fois transcendant pour la constitution du sens et immanent à l’expérience; enfin, le sujet serait à la fois un dans la présence à soi, mais double dans la structure de la réflexion. De telles ambiguïtés relèvent d’une métaphysique de la représentation, à savoir du paradigme mis en cause par la théorie contemporaine de la signification.
  
Pour en savoir plus :
  
Prémisses du sujet :
Les conclusions de la pensée contemporaine française
Présentation
de la thèse [PDF]
   
La critique française du sujet :
Lévinas et Derrida 
Plan de cours
Université Laval 2002
   
Qu’est-ce qu’une subjectivité sans sujet ?
À propos de la dernière recherche de Foucault 
Communication
Acfas 2008
  
 
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