Moai_Ile_de_Paques
Daniel  DESROCHES
Collège Lionel-Groulx

Recherche inédite




  

L'éthique de la cohabitation

  

  

Contexte

  

La recherche prend appui sur la philosophie comme manière de vivre décrite par l'helléniste Pierre Hadot, une description à laquelle font écho les derniers travaux de Michel Foucault. Mais dans un contexte marqué par la crise environnementale, à laquelle ni Hadot ni Foucault ne pouvaient répondre, cette étude prend très au sérieux la possibilité d'un effondrement de la civilisation (Diamond, 2005). Pour éviter le sort réservé aux sociétés disparues, il semble que l'humanité doive apprendre à s'identifier à la nature afin de pouvoir cohabiter avec elle.




Questions

   

Si l'on veut bien reconnaître la philosophie comme mode de vie à un choix de vie, constitué d'exercices et se justifiant par un discours rationnel, nos questions sont désormais celles-ci : au seuil du XXIe siècle, la philosophie comme mode de vie a-t-elle un quelconque avenir ? Si oui, quel style de vie recevrait une telle appellation ? Quelles pratiques caractérisent une écosophie ou un mode de vie en accord avec la nature ? Enfin, de quelles capacités morales disposons-nous désormais pour apprendre à cohabiter avec la nature ?

   

Hypothèses de travail

  

Partant des éléments de convergence entre Hadot et Foucault et d'approches pertinentes en éthique environnementale, la recherche qu'il s'agit de poursuivre reconnaîtra : 1) la nécessité d'élaborer un mode de vie alternatif capable de résister aux travers de la société ; 2) que la cohabitation pourrait se caractériser par des pratiques qui étendent la considération morale – du souci de soi à celui de la communauté humaine, puis de l'intégration à la communauté biotique à l'identification à toute vie ; 3) qu'un discours rationnel de justification ne peut faire fi des avancées scientiques pertinentes ni des travaux issus de l'éthique environnementale.

  


Aperçu

  


Pour paver la voie, nous analyserons trois thèmes déjà présents chez les philosophes des XIXe et XXe siècles : l’idéal d’autarcie, l'atteinte de la vérité au contact de la nature et le projet d’une vie plus authentique et plus profonde. Dans l'optique d'élaborer une écosophie, nous étudierons la vie naturelle chez Thoreau, l’idéal de simplicité et de transformation de soi de Gandhi ainsi que la conversion du regard proposée par l’écologie profonde de Naess. Ces études serviront aussi à identifier des pratiques qui étendent la considération morale.

 


Certes, la dernière question est décisive : de quelles capacités morales disposons-nous pour en venir à cohabiter avec tous les vivants ? Pour y répondre, nous mettrons en discussion les cinq perspectives suivantes : l'équilibre sacré (Suzuki), la biophilie (Wilson), le pragmatisme environnemental (Norton), l'éthique de la terre (Leopold) et l'écologie profonde (Naess).

 

Pour en savoir plus :

 

Conférences présentées aux Belles soirées
de l'Université de Montréal au printemps 2016
Descriptifs

  

Les modes d'existence contemporains
À Dessine-moi un dimanche avec Franco Nuovo
Entretien  Écouter

 

  

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